RETROSPECTIVE MUNICIPALE
Rétrospectives sur les Municipales
racontées par notre maire honoraire Etienne Lenormand.
Les tribulations d·un candidat.
Les élections municipales,
dans nos communes rurales, ont toujours été
une bonne occasion de procéder à des règlements
de compte envers quelques candidats un peu trop certains
de leur évidente victoire personnelle.
L·un de ceux-ci, que nous
nommerons Marius, pour sa tendance marseillaise à
l·exagération, quoique pur normand, était,
dans les années 30, premier adjoint. Il n·y
en avait qu·un, donc fier de l·être.
Et croyait le rester à vie, multipliant ses largesses
et ses bassesses envers les électeurs. C·était
mal les connaître.
Le jour du scrutin tant attendu fut
catastrophique pour Marius qui se retrouva en ballottage,
en très mauvaise posture. Trop fier pour abandonner
la partie, se joignant à quelques égarés
dans le même cas, il annonça sa candidature
pour le scrutin suivant, et c·est auréolé
de quelques dizaines de voix, chèrement acquises,
qu·il réintégra l·assemblée
communale. Mais le cauchemar n·était pas fini·
A l·élection de l·adjoint,
quelques jours après, il voulut récupérer
son poste. Il fut carrément éliminé
au profit de son meilleur ami qui ne put que difficilement
cacher un discret sourire complice.
Mais le calvaire de Marius n·était
pas terminé. Une âme charitable se rendit,
sitôt le verdict officialisé, à l'église,
ouverte à cette époque et suite à une
fausse man·uvre, ou plus sûrement volontairement,
déclencha à toute volée la sonnerie
aux morts, le tocsin, au grand désespoir de Marius
qui n·apprécia pas du tout cet hommage du
soir. C'en était déjà trop·
Et ce n'était pas fini·
En guise de reconnaissance pour tant
d·années au service de ses concitoyens, il
découvrit, à son réveil, après
une nuit agitée, accrochée à la grille
de sa maison une superbe veste réservée, selon
une vieille tradition, aux candidats malchanceux.
Mais, bien entendu, je ne souhaite
à aucun des futurs candidats un sort aussi cruel.
Histoire vécue.
Un de mes administrés vient
me trouver un jour, me disant Monsieur le Maire, il me faudrait
un certificat de concubinage pour avoir droit à la
sécu, suite à la morsure par un mauvais chien
de sa voisine, sur la personne de sa concubine dans sa partie
la plus charnue de son corps, sinon la plus belle.
Je voulus bien satisfaire sa demande,
mais à une condition de précaution, d·être
au moins le témoin de leur vie intime, et je lui
proposais d·être présent à une
partie de leurs ébats nocturne pour justifier l·exactitude
du certificat demandé.
Après quelques instants de
réflexion, il me fit par de son accord, me disant :
"Bien, puisqu·il le faut, Monsieur le Maire,
vous pouvez venir quand vous voudrez". Je ne les ai
pas dérangés et ils eurent leur document sans
conditions, je leur faisais confiance, ils la méritaient.
Les Municipales · Un devoir
civique.
Voter, c·est un droit pour
lequel nos ancêtres se sont battus pour l·obtenir,
mais bon nombre de nos concitoyens semblent l·oublier.
Une de nos anciennes et honorables
administrées que nous appellerons blanche à
cause de sa belle chevelure blanche se faisait un devoir,
à chaque élection, malgré son grand
âge d·aller voter. Croyant appuyer la validité
de son bulletin de vote, elle y ajoutait sa plus belle signature
bien lisible.
Nous lui avions conseillé
à chaque fois d·éviter cette pratique
qui entraînait la nullité de son vote. Rien
n·y fit mais cette brave dame eut jusqu·à
la fin de sa vie, la satisfaction d·avoir accompli
son devoir civique et de partir en paix, avec sa conscience·
Je remercie Monsieur Etienne Lenormand
pour ces récits savoureux.